Le présent benchmark s’inscrit dans une étude des stratégies de communication déployées par les musées français à l’occasion de leur refonte. Le périmètre d’analyse se limite aux institutions ayant entrepris une rénovation récente et ayant mis en ligne un contenu dédié sur leur site internet (page web, rubrique spécifique ou espace interactif). L’objectif est d’observer comment ces établissements présentent et valorisent leur transformation auprès du public pendant la période de fermeture ou de transition.
Les critères de sélection retenus portent à la fois sur la qualité du discours et sur la forme de la médiation numérique :
- la présence d’une présentation du projet, accompagnée ou non d’une note d’intention ;
- la mise en avant d’une chronologie retraçant les grandes étapes de la refonte ;
- la diffusion de visuels du projet (photographies des espaces existants, projections ou rendus du futur parcours) ;
- l’intégration éventuelle d’éléments interactifs permettant au public d’explorer le projet ou d’en suivre les évolutions ;
- enfin, la présence de contenus vidéo (interviews, présentations institutionnelles ou visites virtuelles) favorisant une approche plus immersive et incarnée.
| Musée | Type d’approche / Appellation | Contenus proposés | Interactivité & médiation | Points forts | Limites / Manques |
|---|---|---|---|---|---|
| Centre Pompidou | « Le Centre Pompidou se métamorphose » | Chronologie de la refonte (appel d’offre, sélection du cabinet, note d’intention), carte interactive, mise en avant des activités pendant la fermeture, photos de l’espace actuel | Présence d’une carte interactive favorisant l’exploration du projet | Vision claire du projet et mise en contexte du chantier ; valorisation des activités pendant la fermeture | Peu d’éléments sur les choix muséographiques futurs ou sur la médiation à venir |
| Musée national de la Marine | « Une expérience renouvelée » (communication autour de la réouverture) | Explication de la démarche, frise chronologique, présentation de l’agence, description du futur parcours et de l’expérience visiteur | Forte centrée sur le public et sur la transformation de l’expérience | Bonne accessibilité des informations, frise claire et narrative du projet | Peu de contenus immersifs ou interactifs (pas d’espace de simulation virtuelle, etc.) |
| Musée Bourdelle | Communication via Paris Musées | Historique du musée, liste des travaux réalisés/prévus, focus sur les œuvres conservées, croquis de la salle Michel Duffet | Faible interactivité, peu de visuels ; approche surtout informative | Mise en contexte historique pertinente, transparence sur les travaux | Absence de note d’intention, pas de narration autour du projet, communication fragmentée |
| Palais de la Porte Dorée | Communication éclatée sur le site institutionnel | Vidéos de présentation du directeur, vidéos du futur parcours, page de FAQ, contenus dispersés sur plusieurs pages | Pas d’interactivité, structure morcelée | Bonne présence vidéo et incarnation du discours (par le directeur) | Absence de page unique centralisant la refonte, peu de détails sur la conception et les choix scénographiques |
L’analyse comparative de ces quatre institutions révèle des stratégies de communication diverses autour de leurs projets de rénovation. Le Centre Pompidou et le Musée national de la Marine adoptent une approche narrative et structurée : ils mettent en scène la transformation comme une aventure collective, en donnant accès aux étapes clés et aux intentions de projet. Le Centre Pompidou se distingue par une interactivité visuelle (carte dynamique), tandis que le Musée de la Marine se concentre sur la valorisation de l’expérience visiteur et de l’accessibilité.
À l’inverse, le Musée Bourdelle et le Palais de la Porte Dorée communiquent de manière plus institutionnelle. Le premier privilégie une transparence documentaire, mais sans dispositif immersif, tandis que le second s’appuie sur la parole de la direction via des vidéos explicatives, sans offrir une vision globale et unifiée du projet.
Cette comparaison met en évidence un enjeu majeur : la cohérence et la lisibilité du discours de refonte. Les musées qui articulent récit, visuels et outils interactifs semblent mieux réussir à maintenir le lien avec leur public pendant la période de fermeture, tout en préparant la médiation du futur parcours.
Conclusions tirées du Benchmark
- Volonté des musées de communiquer sur leur refonte mais avec parfois peu d’informations
- Les projets et les intentions sont développées avec des degrés de précisions différents
- Peu d’interactivité sur les sites (sauf Pompidou)
- Peu de photos
- La refonte est ancrée dans le temps avec une chronologie
